Galerie C
Galerie C
Mo(n)t, Le Côté de Guermantes, 2011. Poussière de gomme à encre, cendre du temps perdu à effacer la Recherche proustienne. (Ph. Jérémie Bennequin). jpg.jpg

Jérémie Bennequin

 

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Né en 1981, Jérémie Bennequin vit et travaille à Paris. Diplômé en arts plastiques, il obtient une maîtrise au Palais universitaire de Strasbourg en 2005. Suivi deux ans plus tard d’un Master 2 à Paris en Arts plastiques, Esthétique, Histoire des arts et de la photographie.

La démarche artistique de Jérémie Bennequin invite à reconsidérer les grandes références de la littérature : Proust, Baudelaire, Mallarmé. Dans le cadre de son travail le papier subit avec poétisme la pression de la gomme à encre : l’œuvre de Marcel Proust « A la recherche du temps perdu » disparaît sous la main de l’artiste qui chaque jour se livre à l’effacement d’une page. Il s’agit de rendre visible ce qui s’évanouit, ce qui se matérialise non plus par l’union du papier et de l’écriture mais par les déchets rendus par la gomme à encre.

Parallèlement, le dessin est au cœur de sa pratique plastique. A travers une quête obsessionnelle du « bon degré d’effacement », l’artiste réalise, au graphite et au fusain, des visages et des corps dont l’effacement, l’impression d’évanescence traduit la sensation fantomatique du souvenir, mélange intime de mémoire et d’oubli. Ce dont témoigne un tirage photographique d’August Sander abîmé par le geste d’effacement de l’artiste, qui plaçait ce carton imprimé sous la page de « La Recherche » qu’il gommait.

Avec « La Disparition » Jérémie Bennequin s’attèle à renverser la logique du lipogramme du roman culte de Georges Perec en faisant usage de la lettre « e ». Dans la continuité de sa démarche artistique marquée par la volonté d’effacement de certaines grandes œuvres de la littérature française, l’artiste fait disparaître le texte de « La disparition » en remplaçant phrase après phrase les formules privées de « e » par des paraphrases, tout en préservant le sens de l’énoncé d’origine.

Ainsi le travail de l’artiste devient effacement comme le requiert le titre de l’ouvrage. Mais également traduction, mise en abyme, le récit restant fondamentalement le même, bien qu’en utilisant deux lexiques différents. Par ailleurs, à la manière des membres de l’Oulipo, Jérémie Bennequin en réalisant ce travail de longue haleine s’impose une contrainte formelle. Celle de reprendre chaque terme excluant la fameuse voyelle pour les remplacer par des mots contenant au moins une lettre « e ». Le signe de cet effacement, de cette conversion textuelle apparaît en rouge sur le papier, contrastant avec la typographie noire du reste du texte. Privilégiant l’aspect collectif de ce long processus de traduction artistique par l’effacement, l’artiste invite le spectateur à devenir lecteur afin de partager la réécriture de l’ouvrage de Georges Perec et devenir acteur de cette expérience artistique.

Étape suivante du travail d’effacement de l’écriture est celle de l’écriture de l’effacement. Effacer pour écrire, écrire pour effacer. Cela renvoie à la logique du palimpseste, dessein de la démarche artistique de Jérémie Bennequin et intitulé de son nouveau travail. Après avoir passé dix années à gommer « La Recherche » de Proust, l’artiste dans une mise en abyme de son propre travail s’attèle désormais à recopier au crayon, parfois sous forme de dessin le texte gommé.

En parallèle, l’artiste se consacre à la présentation de lectures, conférences et réalise de multiples performances : Palais de Tokyo, Paris (2013) ; Literaturwerkstatt, Haus für Poesie, Berlin (2014) ; FRAC Linazay Poitou-Charentes (2015). En 2014, les éditions Yvon Lambert publient Le Hasard n’abolira jamais Un Coup de Dés, dans lequel l’artiste rend hommage à l’extraordinaire construction de l’œuvre mallarméenne.

En septembre 2015, il participe à une résidence autour de Roland Barthes à la Petite Escalère. Ayant présenté sa série « Ommage » à Artcurial, Paris puis « Remake » au Musée Royal de Mariemont en Belgique en 2014, l’artiste expose en 2015 au Musée d’Art Contemporain du Val-de-Marne dans le cadre d’une exposition collective intitulée « Chercher le garçon ». En collaboration avec la Galerie C, Jérémie Bennequin est présent en 2016 au salon « Drawing Now » en tant qu’artiste phare. La même année, son travail est présenté au sein de l’exposition collective « Reading as art » au Bury Art Museum, au Royaume-Uni. En 2016, il publie aux éditions Dilecta Les Lesbiennes, un ouvrage sur le voyage effectué par Baudelaire à l’Île Maurice en 1841.

En 2017, représenté par la Galerie C, le travail de Jérémie Bennequin est exposé à Paréidolie, Salon international du dessin contemporain, Marseille. La même année, la Galerie de l’Etrave à Thonons-les-Bains présente le gommage régulier de l’œuvre culte de Marcel Proust et œuvre phare de Jérémie Bennequin au sein l’exposition collective « Le Dessin, autrement » sous le commissariat de Philippe Piguet. En automne 2017, l’artiste participe à l’exposition collective intitulée « Time », à la Société, ancienne usine électrique bruxelloise. Puis, son travail est présenté au Musée des Beaux-Arts d’Angers au sein de l’exposition « Collectionner, le désir inachevé ».

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Born in 1981, Jérémie Bennequin lives and works in Paris. In September 2015, he participated at an artistic residence concerning Roland Barthes at “Artcurial” (Paris), then “Remake” at the “Musée Royal de Mariemont” in Belgium (2014). After presenting his series «Ommage» (a play of words from “hommage = tribute and “gommage = erasing) at the “Musée Royal de Mariemont” in Belgium in 2014, the artist exhibited (2015) at the “Musée d’Art Contemporain” in Val-de-Marne within the framework of a collective exhibition entitled «Chercher le garçon» (lit. “Look for the boy”). In collaboration with Galerie C, Jérémie Bennequin is present as a focal artist at the fair “Drawing now” (2016). In 2016, he exposed at the collective exhibition “Reading as art” at the Bury Museum (UK).

The artistic approach of Jérémie Bennequin invites one to reconsider the great literature references - Proust, Baudelaire, and Mallarmé. In the context of Jérémie Bennequin’s work, paper undergoes, with "poetism", the effect of an ink rubber: the work of Marcel Proust, «A la recherche du temps perdu» (In search of lost time), disappears under the work of the artist who effaces a page every day. This has to do with making visible something that vanishes, not something that materialises by the reunion of paper and writing, but something that materialises by the residues left by the ink rubber.

In parallel, the artist devotes himself to the presentation of lectures and conferences and accomplishes multiple performances: at the “Palais de Tokyo” (Paris, 2013), the centre Literaturwerkstatt, now the “Haus für Poesie” (Berlin, 2014) and also at the FRAC Linazay Poitou-Charentes in 2015. In 2014, the publishing house Yvon Lambert published “Le Hasard n’abolira jamais Un Coup de Dés” (Chance will never abolish the throw of a dice), a work in which Jérémie Bennequin pays tribute to the extraordinary construction of the verses and the sense of the works by Mallarmé.

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Plus d'informations jeremiebennequin.com