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HORS-LES-MURS: Somnium // Domus Poetica

Benoit Huot, Chevrette couchée, techniques mixtes, 2012, 5'000 €.JPG

Somnium
Domus Poetica
Bellinzona
24.02-02.04.18

L’artiste n’en finit pas d’épuiser ses rêves.
( George Braque )

Le songe, patrimoine immatériel de tout individu, peut être envisagé comme un isthme - un passage entre monde nocturne et monde diurne. En tant qu’« être de désir qui aspire au monde, que le monde aspire »(1), l’artiste nourrit intensément le rêve: l’intime est hors de lui. 

Aspiration. Élévation. 

L’artiste érige le quotidien par le rêve et c’est au travers du travail de Philippe Cognée, Christian Gonzenbach, Benoit Huot, Yann Mingard, Jean-Christophe Norman, Guy Oberson, Françoise Pétrovitch, Cyril Porchet, Lionel Sabatté et Éric Sansonnens que Somnium approche la façon dont les artistes s’empare des songes.

Dans l’oeuvre de Philippe Cognée, la désagrégation de la matière se joint à l’acte de création, les vases de Christian Gonzenbach, dont le contenu figé dans son mouvement jaillit, défient toute gravité. Le travail de Benoit Huot mêle foi populaire et magie de la pensée nous invitant à un face-à-face chimérique alors que Yann Mingard nous invite au coeur de paysages oniriques et vierges de toutes interventions humaines dont on se demande s’il peuvent encore exister où s’il sont désormais rangés au rang de mythes. 
Les 24 toiles de Jean-Christophe Norman racontent une temporalité poreuse que l’artiste a expérimenté lors d’une marche-performance de 24 heures.
Emplies d’une force intime, les œuvres de Guy Oberson semblent être le témoin d’une écorchure, d’un instant de vie dérobé alors qu’il y a dans l’univers de Françoise Pétrovitch une inquiétude, le jaillissement du trait témoigne d’une oeuvre où ne s’ancre jamais des figures de puissance, mais bien des êtres en instance, dont la fragilité est splendeur. La série de Cyril Porchet entame un dialogue chargé d’esthétisme en convoquant les états de transformation de l’existence alors qu’Éric Sansonnens sculpte le bois en profondeur, parfois le traverse, comme pour aller voir dans l’Être. Finalement, le songe prend son envol avec les oeuvres de Lionel Sabatté, délaissant nos émotions esthétiques à un vacillement entre beauté inquiétante et désir répulsif.

(1). Gérard Wajcman, Fenêtre – Chroniques du regard et de l’intime, op. cit., p. 468-469

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